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take the money and run

take the money and run
Il y'a un peu plus de 500 ans, un illustre européen débarquait en une contrée inconnue et innatendue à un endroit donné de la carte. Si le voyage était motivé par l'or, en accord avec la tradition occidentale, on trouva bien d'autres choses très utiles en ces lieux, comme des ressources qui constituent bien les trois quarts de notre consommation d'aujourd'hui.
En bons européens, ceux qui se rendirent en ces lieux trouvérent bien utiles ce qu'on pouvait trouver là-bas, et trouvèrent non seulement enrichissant de ramener ce qui poussait au vieux continent, mais encore plus d'exploiter les ressources sur le terrain. Pour l'instant, rien de scandaleux.
Ces terres étaient d'ailleurs non seulement riches de ressources et d'éléments nouveaux, mais les autochtones qui les peuplaient se révèlaient être doux comme des agneaux, sublimant leurs pulsions thanatos par des sacrifices parfois très violents. Ces peuples étaient d'autant plus étranges qu'ils s'avèraient être totalement ignorants de toute notion de commerce, et même toute notion de propriété. Et il s'avèrait même que leur quasi-absence manifeste d'aggressivité, et je dis bien "quasi-" car la violence n'est pas érradiquable, était elle-même motivée par cette ignorance de la propriété: en effet, puisque la propriété était inéxistante, personne ne pensait jamais à voler autrui pour s'octroyer son bien, personne n'avait même l'idée d'envier autrui autrement que par les attributs naturels, ce qui par ailleurs, réduit considérablement l'envie elle-même; pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait aucun bien à envier, personne ne possèdant plus que l'autre sans l'avoir mérité puisque personne ne possèdait.
Je comprends que ce soit difficile à concevoir, la possession étant pour vous un critère indispensable à votre éxistence, et à la mienne également, mais je clarifie. Les autochtones avaient des ressources à disposition, comme partout, il fallait souvent se battre pour toutes les dénicher, mais comme partout, on finissait par les dénicher. Ces ressources, ils les offraient à leurs dieux, certes, mais ce qu'ils gardaient était mis à la disposition du peuple.
(Vous remarquerez que j'éprouve énormément de mal à exprimer mon idée étant donné que les termes de notre langue sont souvent relatifs à la possession, ne serait-ce que dans cette phrase MON, NOTRE, RELATIFS et POSSESSION)
Voilà donc que des européens, fiers de leur européanité, se voient offrir une dinde par des améridiens, célébrée à Thanksgiving et reçus non seulement parce que considérés comme des prophètes mais SURTOUT parce que les semblables des habitants, et que parce que semblables, ils ont droit aux mêmes proportions que les "détenteurs" (plus approprié que possesseur). Un Occidental ne pense pas de cette façon, vous ne pensez pas de cette façon et à mon grand regret, je ne parviendrais jamais à penser de cette façon. Un Occidental chasse un dindon et croise son autre pote qui rentre bredouille, il sait que son pote a une famille à nourrir, mais lui aussi a une famille à nourrir, il garde le dindon pour lui, tant pis pour l'autre. Au final, il aura assez d'un gros dindon, il a gardé le dindon et c'est normal, c'est lui qui l'a trouvé, mais il ne s'étonnera pas le lendemain de se voir être assomé par son pote, assailli par la faim, et pour qui la vengeance reste son seul moyen de satisfaction. Un améridien de l'époque aurait filé une partie de son dindon proportionnellement aux besoins de son pote, et aurait eu faim le soir-même, mais pas mal au crâne le lendemain.
Mais l'altruisme est fragile, fragile car l'homme est corruptible.
Et lorsque les derniers peuples encore altruistes du monde voient la facilité avec laquelle d'autres hommes se mettent à posséder par la puissance de faire gicler le sang, rares sinon inéxistants restent ceux qui continuent à partager, s'octroyer un bien est bien plus facile que le partager avec l'humanité, en tuer certains élimine des prétendants à la propriété.
C'EST POUR CES RAISONS QU'AUJOURD'HUI LE MONDE SE GOUVERNE PAR LE SANG ET L'OR, LE SANG QUI PERMET DE S'ACCAPARER L'OR ET L'OR PERMETTANT DE FAIRE COULER PLUS DE SANG.
Et ce n'est pas pour garantir la démocratie que les US restent en Iraq, c'est pour se permettre de POSSEDER l'ensemble des ressources du pétrole mondial afin de faire crever qui ça leur chante quand ça leur chante, ce n'est pas pour chercher Ussama ni contre les talibans que l'on se bat en Afghanistan, c'est parce que l'opium est le produit de consommation le plus fidélisant, et ce n'est pas pour protéger Israël qu'on les fournit en têtes nucléaires, c'est pour pouvoir en balancer sur ceux qui aimeraient bien avoir leur part du gâteau si par hasard ils manifestaient cette envie.
L'OR ET LE SANG.

Et je vous demande, à vous et à moi, à nous qui possèdons, avons nous besoin d'acheter un 4x4, deux 4x4, trois 4x4 par personne, lesquels consomment à outrance le peu de pétrole qui nous reste alors qu'un homme du Darfour se contente de ses pieds? Avons nous besoin de posséder le dernier Iphone ou que sais-je encore quand quelqu'un au Darfour se déplace à pied pour voir ceux qu'il aime? Avons nous besoin de s'habiller comme les derniers kékés qui chantent, défilent ou dansent en se désarticulant quand quelqu'un au Darfour s'habille avec ce qu'il peut utiliser pour se vêtir? Avons nous besoin de nous divertir en nous affalant devant une télé dont le but n'est que de faire consommer et payer encore plus pour être productifs quand un homme du Darfour sait se divertir avec une culture simple, NON LUCRATIVE, sans superflu et au contact de son prochain? LA CONSOMMATION NE REND PAS PLUS HEUREUX QUE LA PAUVRETÉ, PEU DE PAUVRES SUIVENT UNE PSYCHOTHÉRAPIE, la conscience du manque apparaît dès qu'apparaît la consommation de masse

# Posté le dimanche 09 mars 2008 13:49

Modifié le dimanche 09 mars 2008 14:11

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